Bagarres, insultes, échanges virulentes de mots, que s’est-il passé à la Faculté de médecine de l’Université de Douala au Cameroun ?
Bagarres, insultes, échanges virulentes de mots, que s’est-il passé à la Faculté de médecine de l’Université de Douala ?
Une guerre de mots qui n’en fini pas entre le Doyen et le Docteur Aimé Bonny cardiologue et enseignant dans la même faculté
Rappelons les faits :
Le Dr Aimé Bonny, cardiologue, enseignant à la Faculté de Médecine de l’Université de Douala au Cameroun, a reçu le 30 Janvier 2023 une demande d’explication de son Doyen après ses propos tenus sur la chaîne de télévision privée Equinoxe TV, dans l’émission ‘’Vérité en face’’ du 22 Janvier de la même année, relatifs à la formation bâclée et de l’absentéisme criard des étudiants en médecine de la Faculté de Médecine de l’Université de Douala. Il disait entre autre exactement ceci :
« …environs 80% des étudiants de la Faculté de Médecine de Douala n’assistent pas aux cours, mais ils terminent médecins, on ne sait comment …»
Mais la réaction du Doyen de la Faculté ne s’est pas fait attendre. Le Dr Aimé Bonny a tout de suite reçu une demande d’explication de ce dernier dont voici la teneur :
Et voici la réponse à la demande d’explication du Dr Aimé Bonny au Doyen :
« Monsieur le Doyen,
J’ai bien reçu votre demande d’explication datée du 30 Janvier 2023, qui m’interpelle par rapport à mon passage dans l’émission ‘’la Vérité en Face’’ du média Equinoxe TV du 22/01/2023
Vous m’accusez des griefs suivants :
1- Violation du droit de réserve de tout fonctionnaire,
2- Violation de l’éthique et de la déontologie universitaire,
3- Diffamation et calomnie à l’endroit de la FMSP ,
4- Appel au soulèvement et à la révolte des étudiants,
5- Propagation de fausses nouvelles et désinformation tendant à discréditer la formation de notre faculté
Monsieur le Doyen, toutes ces accusations sont non-fondées et donc fallacieuses.
La notion de « droit de réserve » ne saurait être un « devoir de complicité ». Vous savez pertinemment que le taux de participation aux cours dans la faculté que vous dirigez est de moins de 20% .Monsieur le Doyen, vous le savez et n’avez rien fait pour inverser la courbe. De nombreuses alertes et plaintes des enseignants dans les foras de la faculté attestent de votre inaction. J’ai versé de nombreuses preuves d’images dans ma page facebook, sans aucun démenti de votre part.
Monsieur le Doyen, se taire sur cette question de baisse de niveau général de nos étudiants (dixit le Pr. Jean Bahebeck) n’est rien d’autres que se rendre complice de la tuerie des populations camerounaises
Vous savez pertinemment Monsieur le Doyen, que les enseignements théoriques sous forme de cours magistraux font parti du programme obligatoire d’apprentissage. Votre posture me semble donc inappropriée et inacceptable
Vous prétendez que constaterez le faible niveau de nos étudiants, en grande partie à cause d’un système d’enseignement défaillant, c’est diffamer l’institution et inciter les étudiants à la révolte. Ceci n’est pas sérieux Monsieur le Doyen.
Parlez de la mafia des thèses qui est une réalité est un acte républicain. Je vous mets au défi d’apporter la preuve du contraire. L’année dernière, vous avez eu combien de présidence de jury et combien de thèses à rapporter car le directeur de thèse, en fragrant délit de non respect de la circulaire du Ministre de l’Enseignement Supérieur ?
C’est devant moi, dans votre bureau il y’a deux ans, que vous avez remis l’enveloppe du paiement des primes de participations au jury à un Recteur venu de Yaoundé. Séance tenante, à la fin de son séjour à Douala il a empoché son magot. Je suis toujours en attente de mon dû, je pari que plusieurs enseignants ont également des arriérés de paiement de primes.
Je vous rappelle monsieur le Doyen, que mes rares participations aux jurys de thèses demeurent sans rémunération depuis des années. Pourtant, certains sont payés dans un budget qui est soldé chaque année. Ne s’agit – il pas d’une mafia ?
Nier l’évidence est une posture intolérable. Je suppose que les mêmes chefs d’accusation sont entrain d’être servi au Pr. Bahebeck à l’Université de Yaoundé1.En effet, cet imminent professeur a fait exactement les mêmes diagnostics que moi. Plusieurs de nos collèges sont tenus par la peur des représailles d’une institution fondamentalement répressive.
Oui, nous sommes dans un monde universitaire qui interdit la pensée. J’en ai fait l’expérience du temps de votre prédécesseur par une interdiction d’accès au campus et une suspension définitive des enseignements, ce pour avoir dénoncé des dysfonctionnements de sa gouvernance. Ces abus de pouvoir qui sont les prorogatives respectives du Recteur de l’Université de Douala et du Président de la République sont en cours d’instruction en justice avec mandat d’amener.
Monsieur le Doyen, soyez républicain et constater l’échec d’une gouvernance dépassée. Le taux abyssal d’absentéisme des étudiants s’explique en grande partie par une inadéquation entre emploi du temps (stage hospitalier le matin et cours l’après midi) et les lieux géographiques des hôpitaux d’application par rapport à la Faculté excentrée à PK17.
L’état de la route menant à la Faculté est un autre facteur de découragement non seulement pour les étudiants mais également pour les enseignants qui accusent des arriérés de paiement des primes servant d’argent de carburant.
Monsieur le Doyen, votre accusation ‘’d’appel à la révolte et de soulèvement des étudiants’’ est une menace voilée de plainte pénale pour hostilité à la nation. Je la prends très au sérieux, et tout en exprimant mon indignation.
Tout en espérant être encore dans un pays de droit, je vous prie d’accepter mon sentiment le plus indigné»
Ceci est une illustration des conflits qui pourrissent la formation de nos médecins. Une Inimitié entre les enseignants, entre le doyen des facultés et ces derniers, le népotisme, l’abus de pouvoir, la corruption, le favoritisme. On ne saurait le dire assez, un lieu de transmission de connaissances, et surtout une faculté de médecine ne saurait être un ring où les coups se donnent et s’encaissent!. Celle-ci doit un milieu sacré où l’entente, la discipline, la cohésion et surtout le professionnalisme doivent être de rigueur, et ceci pour le bien des élèves médecins qui sont appelés demain? à s’occuper de notre bien-être sanitaire.
Jean Marie Meyo


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