Cameroun/Gestion des médicaments, la Direction de la Pharmacie, du Médicament et des laboratoires/Minsanté serait-elle en train de tuer à petit feu l’unique Centrale d’Achat de Médicaments et consommables Médicaux (CENAME)?
Elle est crée par décret présidentiel du 30 Juin 2005 et complété par celui du 30 Novembre 2009. Sa principale mission est de s’approvisionner en médicaments et consommables médicaux au compte de l’Etat pour les revendre auprès des structures agrées et hôpitaux publics.
Aujourd’hui, cette entreprise traverse des périodes difficiles dus entre autre, à une concurrence déloyale des entreprises privées qui exercent dans le même domaine, mais aussi qui ont presque les mêmes missions et le même marché. Ces entreprises ont des étiquettes variées que leurs dénominations. Sur la liste, on peut clairement discerner les entreprises de fabrication de médicament, une multitude d’entreprises représentant des laboratoires étrangers, des entreprises de commercialisation des médicaments ainsi que des consommables biomédicaux. Or il s’avère que c’est la Direction de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires/Minsanté qui délivre les différentes autorisations et agréments à ces entreprises qui quadrillent aujourd’hui presque la totalité du marche du médicament au Cameroun, laissant en bordure de route, la CENAME agonisante.
Avec autant de concurrents et une situation financière délétère due à la rareté des subventions de l’Etat, la CENAME n’a plus les moyens de remplir sa mission, elle clignote au rouge depuis quelques années sans que cela n’inquiète grand monde. Et cela ne va pas sans conséquence: Arriérés de salaire des personnels, suppression de assurance maladie pour le personnel, manque de moyens pour l’entretien des hangars de stockage, rareté des commandes d’achats, mauvaises conditions de travail, pénurie fréquente de médicaments dans les structures hospitalières de troisième, quatrième et cinquième catégorie, la rareté des ressources financières pour le fonctionnement, manque de moyens pour ravitailler les stocks etc.
Avec cet imbroglio ambiant, on se demande bien à qui profite le crime, à qui pourrait profiter la disparition de la CENAME? mais par contre on voit clairement ceux qui pourraient être perdant dans cette histoire: Il s’agit des populations qui croupissent dans la misère, et qui sont contraintes de supporter les factures élevées de médicaments au quotidien
Jean Marie Meyo


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