Cameroun / Les maladies Tropicales Négligées vraiment négligées
Dans sa politique de prise en charge des maladies, le Ministère de la Santé Publique semble t-il a catégorisé les maladies selon leur importance et surtout leur intérêt par les bailleurs de fonds. Ainsi, on retrouve des maladies dites mineures et les maladies dites majeures. Le premier groupe ici étant celles qui ne sont pas financées par les bailleurs et partenaires. Autrement dit, qui n’apportent aucun sou dans la besace, C’est le cas des Maladies Tropicales Négligées (MTN).
Recensé par l’OMS au nombre de 22 dans le monde, dont 17 sévissent encore au Cameroun. On peut citer le ver de Guinée, la lèpre, l’ulcère de Buruli , la Trypanosomiase, les morsures de serpent et de scorpions, le trachome , l’onchocercose , le Chikungunya etc. Ces maladies sont bien sûr prises en charges dans tous les hôpitaux publics et privés du Cameroun mais n’ont pas une véritable politique de promotion ou de financement adéquates, leurs interpellations sont pour la plupart sporadiques et spontanées. Pourtant, il existe un projet public dédié aux MTN qui a même à sa tête un médecin spécialistes à l’instar du Dr Nko’o Ayissi. Malheureusement, c’est un service public presque vide, il a besoin de tout et surtout des moyens financiers pour mener à bien ses missions et porter son action aux populations cibles. Conséquence, les malades de l’Ulcère de Buruli , de pian , de lèpre de trypanosomiase du trachome etc, sont abandonnés à eux-mêmes, se débrouillant comme ils peuvent. D’ailleurs, aucune de ces 17 maladies négligées ne se retrouve dans le panier de la Couverture Santé Universelle à la mode aujourd’hui dans notre pays.
De longs discours presque vides, accompagnés de flyers multicolores, de banderoles aux messages flatteurs, le tout arrosé par la présence des médias les plus en vue pour célébrer la journée dédiée à ces maladies, Au fond, rien de concret. Par contre, pour parler des maladies dites majeures c'est-à-dire celles qui ramènent de l’argent par le biais des financements extérieurs que sont le paludisme, la tuberculose le VIH-SIDA, et bien d’autres on voit au quotidien un certain engouement du Minsanté et de ses collaborateurs. Or, la convergence d’actions mal agencée dans un système de santé aussi moderne soit-il finie toujours par échouer. La prise en compte des populations et l’état des lieux devant toujours être une priorité.
Pathologie non bénigne ou simple maladie, aucune ne doit être négligée dans le processus de prise en charge et d’accompagnement.


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