Cameroun/ Les niches de corruptions du Ministère de la santé Publique démantelées
Gouvernance
Les niches de corruptions du Ministère de la santé Publique démantelées
La corruption selon le dictionnaire ‘’ Le Petit Robert’’ est l’action de soudoyer quelqu’un pour le faire manquer à son devoir’’ autrement dit, c’est l’action de bénéficier un avantage non mérité moyennant une rétribution.
Considéré comme un fléau social, la corruption a longtemps été une épine sous le pied de notre système de gouvernance. La gestion de la chose publique est devenue difficile parce que engluée par ce fléau. Dans l’objectif de réduire l’ampleur de ce mal à multiples facettes, les pouvoirs publics ont crée au début des années 2000, des institutions de lutte contre la corruption à l’instar de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême, l’Agence Nationale d’Investigation Financière(ANIF) et la Commission Nationale Anti Corruption(CONAC). Mais au-delàs, le parlement c'est-à-dire l’Assemblée Nationale et le Senat ont également leurs propres instances de lutte contre la corruption qui travaillent dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale. Et c’est justement cet organe parlementaire, le Réseau Parlementaire de Lutte contre la Corruption(RPLCC) que dirige l’Honorable Engelbert Essomba Bengono, s’est rendu au Ministère de la Santé Publique le 23 Janvier dernier pour faire l’état des lieux de la corruption dans ce département ministériel, ceci suite aux multiples plaintes des usagers répercutées au parlement.
En l’absence du Ministre de la Santé le maitre des lieux, la délégation parlementaire à été reçu et entretenu par le Secrétaire Général, le Pr. Louis Richard Ndjock qui a profité pour ‘’mettre le pied dans la niche’’. De cet exercice difficile, il a réussi malgré lui, à ressortir les secteurs d’activités qui animent la corruption au Minsanté :
le premier d’entres eux étant la non prise en charge des 57000 personnels de santé en situation d’emploi précaire dans les hôpitaux publics. Pour le Pr.Ndjock, ce personnel constitue une souche de vulnérabilité dans la lutte contre la corruption. Comme on le dit habituellement, ‘’vendre affamé n’à point d’oreilles’’. Chanter au quotidien dans les oreilles de ceux qui ont faim et soif, que la corruption n’est pas bonne, revient à verser de l’eau sur le dos d’un canard. Et pour résoudre ce point de corruption, le SG/MINSANTE a proposé l’intégration de tous les 57000 personnels de santé temporaires. Or, comme nous le savons tous, cette décision ne revient pas au Minsanté. Ce qui signifie donc que cette niche de corruption restera en pleine activité encore pour un long moment.
Le deuxième secteur d’activité qui anime la corruption au Ministère de la Santé Publique est le marché noir des médicaments qui s’est implanté dans notre pays. Et pour le résoudre, le Pr.Louis Richard Ndjock suggère la mise sur pieds d’un système d’autonomisation fort en fourniture de médicament. Cette solution est certes réaliste, mais difficile à mettre en œuvre aujourd’hui. Car, 95% des médicaments consommés aujourd’hui au Cameroun proviennent de l’extérieur. Sans être naïf, seul 5% est produit localement. Comment avec une telle dépendance arriverons-nous à assoir un système d’autonomisation en fourniture des médicaments incluant la production, la gestion et la commercialisation ? Pour être honnête, il nous faut encore du temps et beaucoup de temps pour y arriver.
Enfin le SG/Minsanté révèle dans son intervention devant les membres de la RPLCC que le ‘’fief’’ de la corruption au Minsanté se trouve à la Direction des Ressources Humaines et plus précisément à la Sous-direction des concours et de la Formation. Cette Sous direction comme son nom l’indique est chargée de l’organisation des concours d’entrée dans les différentes écoles de formation des personnels médico-sanitaires publiques et privées, en plus des certifications. Pour ceux qui côtoient ce service, l’odeur de corruption qui y sort est pestilentielle, surtout en période de concours. Du pain sur planche donc, pourrait-on dire, pour le Ministre de la Santé Publique mais également de la cellule interne de lutte contre la corruption.
Jean Marie Meyo
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