Cameroun / Lutte contre la drogue, le pays expérimente la RdR pour éradiquer le phénomène d’ici 2030
Face
à la montée inquiétante de la consommation de drogues, le Cameroun change de
stratégie. Longtemps axée sur la répression, la lutte contre les stupéfiants
s’oriente désormais vers une approche plus humaine et pragmatique : la
Réduction des Risques (RdR). L’objectif est clair : freiner la progression du
phénomène et protéger les populations les plus vulnérables, notamment les
jeunes, d’ici 2030.
Selon plusieurs rapports de santé
publique, près de 12 % des jeunes urbains au Cameroun auraient déjà expérimenté
une substance psychoactive. Parmi elles, le cannabis reste la drogue la plus
consommée, suivi des médicaments détournés et des drogues synthétiques. Plus
alarmant encore, environ 18,7 % des usagers développeraient une dépendance
sévère nécessitant un accompagnement médical et psychosocial.
La stratégie de Réduction des
Risques, déjà adoptée dans plusieurs pays, repose sur la prévention,
l’information et l’accompagnement des consommateurs. Contrairement aux
approches classiques, elle vise à limiter les conséquences sanitaires et
sociales liées à la consommation de drogues, sans nécessairement exiger un
arrêt immédiat. Au Cameroun, cette méthode commence progressivement à être
expérimentée dans certains centres de santé et structures communautaires.
Les experts estiment que près de
60 % des infections liées à l’usage de drogues injectables pourraient être
évitées grâce à des programmes adaptés. De plus, les campagnes de
sensibilisation menées ces dernières années montrent que l’information peut
réduire de 30 % les comportements à risque chez les jeunes.
Cependant, la mise en œuvre de
cette politique reste confrontée à plusieurs défis. Le manque de financements,
les stigmatisations sociales et l’insuffisance de structures spécialisées
ralentissent son déploiement. À cela s’ajoute une méconnaissance du concept de
RdR par une grande partie de la population.
Malgré ces obstacles, les
autorités sanitaires restent optimistes. Elles misent sur une collaboration
étroite entre l’État, les organisations de la société civile et les partenaires
internationaux pour atteindre les objectifs fixés. Des campagnes nationales
sont en préparation pour renforcer la sensibilisation et encourager
l’accompagnement des usagers.
À
l’horizon 2030, le Cameroun espère ainsi réduire significativement la
consommation de drogues et ses conséquences. La Réduction des Risques apparaît
aujourd’hui comme une réponse innovante et nécessaire pour faire face à un
phénomène en constante évolution.


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