Cameroun / Manaouda Malachie donne 30 jours à plus de 400 cliniques privées clandestines pour se conformer — coup médiatique ou véritable opération d’assainissement ?
Le Ministre de
la Santé publique, Manaouda Malachie, vient de lancer un avertissement
ferme à l’endroit de plusieurs structures sanitaires privées opérant dans
l’illégalité au Cameroun. Plus de 400 formations sanitaires clandestines
disposent désormais d’un ultimatum de 30 jours pour se conformer à la
réglementation en vigueur, sous peine de fermeture. Une décision qui fait
déjà grand bruit dans l’opinion publique et relance le débat sur la prolifération
des cliniques illégales au Cameroun.
Une décision forte du ministère de
la Santé publique
Selon des informations relayées par le Ministère de
la Santé Publique (Minsanté), ces structures sanitaires ont été identifiées
lors de contrôles administratifs et techniques menés dans plusieurs régions du
pays. Beaucoup fonctionneraient sans autorisation officielle, sans personnel
qualifié ou avec des plateaux techniques insuffisants et inadéquats,
exposant ainsi les patients à de graves risques sanitaires.
Face à cette situation jugée préoccupante, le ministre
Manaouda Malachie a donné un délai strict de 30 jours aux
responsables de ces établissements afin de régulariser leur situation
administrative, obtenir les autorisations nécessaires et se conformer aux
normes sanitaires.
Passé ce délai, le gouvernement promet des
sanctions sévères, notamment la fermeture immédiate des structures non
conformes.
La prolifération des cliniques
clandestines, un danger pour la santé publique
Au Cameroun, le secteur privé joue un rôle important
dans l’offre de soins. Toutefois, ces dernières années, on observe une multiplication
des centres de santé clandestins, notamment dans les grandes villes comme Yaoundé,
Douala ou Bafoussam.
Ces structures, souvent installées dans des
habitations transformées en cabinets médicaux, proposent parfois des
consultations, des accouchements ou même des interventions chirurgicales sans
respecter les normes médicales minimales.
Pour les autorités sanitaires, cette situation
constitue une menace réelle pour la sécurité des patients et fragilise
davantage un système de santé déjà confronté à de nombreux défis.
Coup médiatique ou réelle volonté
de réformer le secteur ?
L’annonce du ministre suscite toutefois des réactions
mitigées. Sur les réseaux sociaux et dans certains cercles médicaux, plusieurs
observateurs évoquent un possible coup de communication politique.
En effet, des campagnes similaires ont déjà été
annoncées par le passé pour lutter contre les formations sanitaires
illégales, mais leur impact sur le terrain est resté limité.
Certains professionnels de santé estiment que la
fermeture brutale de centaines de structures pourrait aussi poser un problème
d’accès aux soins, notamment dans les quartiers populaires où ces centres
constituent parfois la seule offre médicale disponible.
D’autres analystes, en revanche, saluent une initiative
courageuse, estimant qu’il est urgent de remettre de l’ordre dans le
secteur de la santé privée au Cameroun.
Les 30 prochains jours seront
décisifs
L’ultimatum de 30 jours accordé aux cliniques
clandestines apparaît donc comme un test pour la crédibilité de l’action
gouvernementale dans le domaine de la santé.
Si les mesures annoncées sont effectivement
appliquées, cette opération pourrait marquer un tournant dans la régulation
du secteur sanitaire privé au Cameroun. Dans le cas contraire, elle risque
d’être perçue par l’opinion publique comme un simple effet d’annonce sans
réelle conséquence.
Une chose est sûre : les regards sont désormais tournés vers le Ministère de la Santé Publique, qui devra démontrer sa capacité à traduire cette annonce en actions concrètes sur le terrain.
Jean Marie Meyo
Tél. +237 699397785


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