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Cameroun/ Sur 519 structures sanitaires privées répertoriées, plus de 300 exercent dans l’illégalité. La faute au Minsanté rétorque l’Ordre National des médecins

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Cameroun/ Sur 519 structures sanitaires privées répertoriées, plus de 300 exercent dans l’illégalité. La faute au Minsanté rétorque l’Ordre National des médecins

Cameroun/ Sur 519 structures sanitaires privées répertoriées, plus de 300 exercent dans l’illégalité. La faute au Minsanté rétorque l’Ordre National des médecins

  • Jean Marie Meyo
  • 2 mars 2025
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Cette assertion n’est pas de nous mais du Ministre camerounais de la Santé Publique Manaouda Malachie en date du 20 Octobre 2023 au cours d’une audience qu’il a accordé à un syndicat de médecins. Oui, sur 519 structures sanitaires privées recensés au Cameroun en 2023, plus de 300 exercent dans l’illégalité.  Le constat que fait le Minsanté  est honteux mais réel. Il suffit de regarder dans nos cités et agglomérations et même dans les campagnes, où il n’est pas rare de voir à chaque coin de rue, des enseignes qui fleurissent nuit et jour vous indiquant un centre de santé, une clinique,  un centre médical privé. Les populations qui constituent la cible de cette publicité sont parfois contraintes de s’y rendre par défaut avec tous les risques connus.

 

Les camerounais l’ont bien remarqué, le Ministre actuel de la Santé Publique Manaouda Malachie est toujours sur le terrain pour inspecter personnellement les formations sanitaires publiques et privées. Une semaine ne passe sans qu’il ne soit au Nord au Sud à l’Est ou à l’Ouest. Il va au fond des choses pour voir comment le praticien s’occupe des patients, dans quel environnement et avec quels moyens. Il fouille également en ce qui concerne les structures sanitaires privées, si cette dernière est en conformité avec la réglementation ou pas. Poussant le regard plus loin, on constate que ces descentes sur le terrain et ses visites inopinées  ne l’ont pas valu uniquement que des éloges mais également des flèches de la part de l’ordre des médecins qui rappelle à l’homme Manaouda Malachie de respecter le médecin qu’il n’est pas, dans son lieu de travail. L’actualité récente en a fait cas.

 Mais la question qui nous concerne le plus aujourd’hui est celle de savoir pourquoi tant de structures sanitaires illégales au Cameroun, pourquoi les autorités sanitaires ont ils permi leurs ouvertures et laisser prospérer l’entreprise aussi longtemps ?

 Les formations sanitaires dites illégales sont elles réellement illégales ou sont elles et tout simplement victimes des mésententes entre le Ministère de la Santé Publique et l’Ordre National des Médecins ?

 La question dans notre contexte actuel vaut son pesant d’or. Le Ministre Manaouda Malachie dès son arrivée a fait de la lutte contre les formations sanitaires illégales son champ d’action principal. On l’a vu plusieurs fois sur le terrain mener lui-même ces multiples campagnes dans toute l’étendu du territoire national. En regardant cette situation de loin comme de près, on a l’impression que le problème de légalité et la brouille que certains ont voulu créé est tout simplement un malentendu.  Le problème est ailleurs. Il se trouve dans la guéguerre qui existe entre le Ministère de la Santé Publique et l’Ordre National des médecins du Cameroun sur l’application de la loi du 10 Août 1990 relative à l’exercice et à l’organisation de la profession de médecin, en vigueur depuis le 22 Juillet 1992. Que dit cette loi ?

Selon cette dernière, l’ouverture d’une formation sanitaire privée est soumise à une exigence, celle de l’obtention d’une autorisation d’exercice en clientèle privée délivrée par le l’Ordre National des Médecins du Cameroun(ONMC). En plus d’énumérer les pièces constitutives, l’article 21 du décret d’application de la loi du 10 Aout 1990 dispose que cette autorisation est « personnelle et incessible. Par ailleurs, ce même décret d’application en son article 23 ajoute que lorsque le médecin qui veut exercer en clientèle privée et ouvrir sa formation sanitaire privée estime qu’il a fini d’aménager les locaux devant abriter son hôpital privé conformément à la réglementation en vigueur, il en informe le conseil de l’ONMC qui à son tour saisit le Ministre de la Santé Publique partout moyens laissant trace écrite. Le Conseil de l’Ordre ainsi que l’administration du Minsanté disposent dès notification de l’achèvement des travaux, d’un délai de 30 jours pour visiter les lieux avant son ouverture au public. Si à expiration de ce délai, l’ONMC et le Minsanté ne se manifestent pas, le médecin manager peut ouvrir sa formation sanitaire au public.

Le Minsanté accuse et l’ONMC récuse, et les formations sanitaires privées en pâtissent

 Dans une correspondance missive du Ministre de la Santé Publique datée du 24 Septembre 2018 adressée au Président de l’ONMC relative à l’ouverture des formations sanitaires privées, André Mama Fouda, alors Minsanté dit «  il me revient, pour le déplorer, qu’au mépris de la réglementation en vigueur, de nombreux dossiers déposés dans mes services en demande de création ou d’ouverture des formations sanitaires privées y séjournent pendant des délais anormalement longs, avant d’être transmis au niveau central…..l’une des raisons de ce dysfonctionnement qui sert de prétexte à l’ouverture des formations sanitaires illégales est la non disponibilité des représentants de vos ordres respectifs pour effectuer des descentes conjointes sur site.. »

 En retour, le Dr. Sandjon, Président de l’Ordre à cette époque n’a pas mâché ses mots « Nous ne pensons pas être responsables du dysfonctionnement dont vous vous faites état dans votre correspondance car nous pensons, sans risque de nous tromper, que nous avons toujours été disponibles pour remplir nos obligations légales. Cependant, nous avons constatés pour le déplorer que conformément au décret susvisé pris en son article 6 alinéa 4, que vous devriez nous transmettre un exemplaire de tous les dossiers de demande d’ouverture d’une formation sanitaire privée pour avis, ce qui n’a jamais été le cas …il en est de même pour l’extension des formations sanitaires privées dont nous n’avons jamais été sollicités pour émettre notre avis, pourtant obligatoire tel que prévu par l’article 8 alinéa du même décret ».

Voila donc la situation qui prévaut entre le Minsanté et l’0NMC au sujet de la création et de l’extension des formations sanitaires privées depuis près de 10 ans. Aujourd’hui, pour ceux qui sont des observateurs avertis de notre système sanitaire, la guéguerre au mieux les tensions qui existent entre les deux structures ne semblent pas près de  s’estomper. Le nouveau bureau actuel de L’ONMC semble lui-même ligotés n’ayant aucun moyen de manœuvre pour débloquer la situation. Au-delà, l’ambiance est délétère, des responsables véreux tapis dans l’ombre au Minsanté et à l’ONMC, peut être pour des intérêts personnels sont accrochés à ce volet de création des formations sanitaires privées. Parce que dit-on, le filon serait juteux. Des batailles rangées entre promoteurs des formations sanitaires privées se livrent dans les coulisses pour discuter le leadership dans le secteur. Des rancœurs et règlements de comptes ne sont pas en reste. Le jeu des affinités avec les Ministres en charge de la santé étant loin d’ être neutre. Toute cette cacophonie qui résonne très haut et qui s’affiche de plus en plus, ne devrait pas causer du tort aux autres, ceux là qui n’ont qu’un seul souci celui d’assister les pouvoirs publics dans sa politique de prise en charges sanitaires et l’amélioration de la qualité des soins dans notre pays.

Jean Marie Meyo

Téléphone: (237) 699397785

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