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Cameroun / Voici les raisons réelles qui expliquent la rupture récurrente de certains vaccins dans le pays

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Cameroun / Voici les raisons réelles qui expliquent la rupture récurrente de certains vaccins dans le pays

Cameroun / Voici les raisons réelles qui expliquent la rupture récurrente de certains vaccins dans le pays

  • Jean Marie Meyo
  • 23 janvier 2025
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L’Etat camerounais, dès l’aube des indépendances a su mettre en place une politique de vaccination pérenne plus ou moins  efficace, adaptée à cette époque. Les actions découlant de cette politique ont permis de porter la couverture vaccinale nationale de 5% avant 1982, à 35% en 1986 et de 97% aujourd’hui. Avec une population devenue plus importante, des moyens financiers plus amoindris, des partenaires devenus plus hésitants, l’Etat camerounais  à l’instar des autres pays africains peine aujourd’hui à assurer convenablement certains pans de son secteur santé. La vaccination en fait partie.

Acte médical de première importance, la vaccination connait de nos jours des perturbations dues à des ruptures récurrentes d’approvisionnement en vaccins. Cela entraînant bien sûr, des répercussions irréversibles au niveau social. Hier, on parlait des ruptures  des vaccins contre la diphtérie, la coqueluche, de nos jours on parle de la rareté des vaccins contre la tuberculose, du tétanos, antirabiques etc. Mais au fait, qu’est ce qui explique ces perturbations  récurrentes?

La vaccination fait partie du volet social d’un pays. Ce sont les pouvoirs publics qui assurent son effectivité. Autrement dit, c’est le Ministère de la Santé Publique à travers son bras séculier qui est le Programme Elargi de Vaccination(PEV) qui s’occupe de toutes les étapes qui aboutissent à la vaccination. Ainsi, selon ses missions actuelles, le PEV a une douzaine de vaccins qui sont régulièrement prodigués chez les enfants. Et dans ce groupe de vaccins, nous avons ceux qui sont directement achetés par l’Etat camerounais et avec ses moyens, et ceux qui sont cofinancés c'est-à-dire acquis par l’Etat du Cameroun avec le concours financier de ses partenaires. Dans le cas du Cameroun, le partenaire peut être GAVI, la CDC, le Fonds Mondial, la Fondation Mérieux ou tous à la fois. Les vaccins comme ceux contre la tuberculose sont directement achetés par l’Etat camerounais. Et pour s’en enquérir, l’Etat passe une commande auprès de la grande centrale de médicament de l’Unicef basée à Copenhague au Pays Bas. La démarche ici vise à payer des vaccins de qualité au meilleur prix. Ce qui veut dire que le contournement de cette grande centrale onusienne expose le pays acheteur aux produits contrefaits mais également crée la méfiance des bailleurs de fonds santé, ainsi que des partenaires qui œuvrent dans le secteur.

Il y’a quelques années, cette grande centrale ne connaissait pas d’affluence de commande. Mais, depuis peu, avec la résurgence de certaines maladies et épidémie en Occident, cette institution onusienne se trouve engorgées, le traitement étant fait suivant l’ordre d’arrivé du virement ou de payement. Donc, quand le Ministère de la Santé Publique paie au compte de l’Etat camerounais, il faut un temps  pour que le virement arrive jusqu’à Copenhague, le délai d’attente devenant plus long soit 06 à 09 semaines. Car ici, il n’ya pas de stock, la production est faite après la commande et dépôt de chèque.  Ce qui peut prendre un temps  relativement long pour que l’approvisionnement des vaccins ou autres produits en situation de pénurie arrivent dans les hôpitaux et pharmacies.

Selon les spécialistes, il y’a une autre raison.  Les vaccins sont des produits médicaux très sensibles c’est à dire qu’ils ont une date de péremption très rapprochée, une durée d’action très courte. Il n’est donc pas recommandé d’avoir des stocks importants. Ainsi, dans notre pays, les commandes de vaccins se font en fonction du rythme de naissance. C’est à dire que la CENAME reçoit au compte de l’Etat les vaccins, trois fois l’année pour que la gestion soit efficiente. Le Ministère de la Santé Publique limite volontairement aussi l’approvisionnement des vaccins à cause de la conservation. Le problème de la qualité de la chaine de froid reste entier malgré les efforts qui ont été fait pendant la crise du COVID-19. Limiter l’achat en masse des vaccins devient donc une solution pour éviter l’engorgement de nos chaînes de froid.

Toutes ces raisons réunies, il est facile de comprendre le processus, un processus complexe dont interviennent plusieurs acteurs. Les ruptures d’approvisionnement de vaccin qui sont différentes de manque de vaccins, sont pour ainsi dire inévitables pour un pays en voie de développement comme le nôtre. Seule la maîtrise du circuit peut lever l’équivoque dans l’esprit de l’opinion. 

Jean Marie Meyo

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