Gabon / Un traitement à dose unique contre le paludisme bientôt sur le marché
Au Centre de recherche médicale de Lambaréné (CERMEL),
au Gabon, une équipe de chercheurs travaille sur une innovation qui pourrait
transformer la prise en charge du Paludisme. Ils ont mis au point un traitement
à dose unique, combinant une Artémisinine et trois autres médicaments
antipaludiques déjà disponibles sur le marché.
Cette approche pourrait simplifier considérablement
les traitements actuels et améliorer l’efficacité de la lutte contre cette
maladie qui demeure un problème majeur de santé publique en Afrique.
Des essais cliniques menés sur plus
de 1 000 patients
Entre mai 2024 et octobre dernier, l’équipe dirigée
par le Dr Ghyslain Mombo-Ngoma a mené une étude clinique sur plus de 1 000
patients atteints de paludisme, dont près de la moitié étaient des enfants de
moins de dix ans.
Les résultats obtenus sont encourageants. Selon les
chercheurs, 93 % des patients ayant reçu la dose unique ne présentaient plus de
parasites dans le sang 28 jours après le traitement. À titre de comparaison, 90
% des patients ayant suivi le protocole classique de trois jours étaient
également guéris.
Pour le Dr Mombo-Ngoma, cette recherche répond à une
urgence sanitaire :
« Actuellement, on observe que la morbidité et la
mortalité dues au paludisme augmentent. Nous avons donc besoin de solutions
maintenant. Nous nous sommes demandé pourquoi ne pas tirer le meilleur parti
des médicaments antipaludiques existants. »
Le paludisme, un défi majeur de
santé publique
Au Gabon, la lutte contre le paludisme reste un enjeu
majeur. Selon Hugues Ronel Essanga Ngomo, responsable du programme national de
lutte contre le paludisme, les chiffres restent préoccupants.
« Le paludisme est un problème majeur de santé
publique dans notre pays. Selon les données de 2024, on dénombre plus de 154
000 cas, avec une incidence de 62 cas pour 1 000 habitants dans la population
générale. »
La prévention repose notamment sur l’utilisation de
moustiquaires imprégnées, destinées à lutter contre les moustiques vecteurs du
parasite responsable de la maladie. Cependant, leur efficacité reste relative,
notamment dans certaines zones fortement touchées.
L’une des difficultés majeures dans la prise en charge
du paludisme reste l’adhésion des patients aux traitements actuels, qui doivent
être pris pendant plusieurs jours.
Selon le Dr Mombo-Ngoma, près d’un tiers des patients
ne terminent pas leur traitement, souvent en raison de sa durée. C’est
précisément ce problème que la stratégie à dose unique cherche à résoudre.
Les chercheurs du CERMEL sont désormais en discussion
avec un fabricant pharmaceutique afin de développer une capsule unique ou un
paquet combiné de pilules, permettant de proposer un traitement peu coûteux,
simple à administrer et plus facile à suivre pour les patients.
Si les prochaines étapes de validation confirment les résultats obtenus, ce traitement pourrait représenter une avancée majeure dans la lutte mondiale contre le paludisme.
Jean Marie Meyo


Laisser un commentaire