Gratuité du dépistage et de la prise en charge des malades du VIH/SIDA au Cameroun, 05 ans après où en est-on ?
Lutte contre le Sida
La lutte contre le VIH/SIDA a toujours été une préoccupation majeure des pouvoirs publics.
Depuis plusieurs années des mesures et actions efficaces ont été prises pour juguler et réduire le fléau à son juste niveau. De la prévention à la gratuité des ARV en passant par le renforcement des PTME et la recherche des financements, tout a été mis en œuvre pour que le malade porteur du VIH/SIDA ne se sente plus exclu t abandonné. Le 04 Avril 2019, le Ministre de la Santé Publique a signé une décision rendant gratuite toutes les étapes de la prise en charge de personnes vivantes avec le VIH/SIDA dans e les hôpitaux publics. Ces étapes correspondaient aux consultations médicales et prénatales, le dossier médical, les examens de suivi biologique (la charge virale et le CD4), les tests de dépistage précoces pour les enfants, et les médicaments c'est-à-dire les ARV et les traitements des infections opportunistes.
Mais il faut le dire, avant cette décision qui effectivement a pris effet à partir du 1er Janvier 2020, les malades déboursaient encore 5000 FCFA par ci, 18000FCFA par là pour l’examen de la charge virale et autres. Cette décision était fort louable et soulageait tous les malades, et allait plus loin en encourageant ceux qui ignoraient encore leur statut sérologique à se faire dépister sachant que le dépistage et la prise en charge seraient gratuite. Cette mesure est elle encore effective dans les hôpitaux publics en 2023?
La réponse par l’affirmative à cette question risquerait d’étonner plus d’un. En sillonnant les hôpitaux de jour et les unités de prise en charge des villes et campagnes, il est facile de dire que cette mesure n’est plus respectée par ceux qui sont supposés le faire, c'est-à-dire les praticiens, les responsables d’hôpitaux et plus loin les décideurs. L’argument évoqué ici par ces derniers est lié aux moyens financiers et matériels. Ils dénoncent une pénurie permanente de réactifs alors que ceux-ci étaient supposés être fournis gratuitement dans les formations hospitalières et laboratoires publics.
Au-delà des réactifs, les appareils destinés à effectuer les CD4 et la charge virale dans les unités de prise en charge ne sont pas toujours disponibles. Si on les trouve en nombre suffisant dans les agglomérations, tel n’est pas le cas dans les zones reculées en arrière pays. Leur maintenance pose également problème. Elle est approximative. La limite de 80 charges virales par appareil et par jour reste très difficile à respecter dans les unités de prise en charge des grandes villes. Le médicament qui vient au bout de la chaine c'est-à-dire les ARV et autres produits pour prévenir les infections opportunistes sont devenus les ‘’larmes de chien’’ c'est-à-dire difficiles à trouver, depuis l’instauration de leur gratuité en 2007. Obtenir ces médicaments aujourd’hui devient un calvaire pour les malades. Les stocks à la CENAME seraient toujours au rouge, ne dépassant pas la consommation de 03 mois.
Avec un tel descriptif, il faut dire que la situation est bien tendue, et les malades n’ont que leurs yeux pour pleurer. Et pour ceux qui observent de loin ou de près le système sanitaire camerounais, la non application effective, permanente et générale de cette mesure ne saurait être une surprise. Tout le monde se rappelle des mesures similaires, notamment la gratuité du traitement du paludisme simple chez les enfants de 0à 5 ans dans tous les hôpitaux publics; la disponibilité des kits d’accouchement dans les mêmes hôpitaux publics ; l’octroi gratuit d’une moustiquaire imprégnée à chaque femme enceinte reçu en consultation prénatale etc. Aucune de ces mesures n’a fait long feu, comme si elles étaient prises par embuscades sans véritable réflexion de fond et de forme.


Laisser un commentaire