Site d'information et d'analyse sur les systèmes sanitaires africains

Gynécologue et sexe : y a-t-il affinité ? Quel regard lui porte la société africaine, que nous apprend l’affaire M’Mah Sylla ?

Pas de publicié disponible pour le moment
Gynécologue et sexe : y a-t-il affinité ? Quel regard lui porte la société africaine, que nous apprend l’affaire M’Mah Sylla ?

Gynécologue et sexe : y a-t-il affinité ? Quel regard lui porte la société africaine, que nous apprend l’affaire M’Mah Sylla ?

  • Jean Marie Meyo
  • 2 août 2024
  • 363 vues

Gynécologue et sexe : y a-t-il affinité ? Quel regard lui porte la société africaine, que nous apprend l’affaire M’Mah Sylla ?


Dans nos sociétés actuelles, l’opinion ainsi que les préjugés ne cessent de tisser des liens non conformistes entre gynécologues surtout de sexe masculin et la partie la plus intime de la femme. Les deux éléments eux-mêmes n’étant pas indemnes de ce qui leurs sont reprochés. Dans leurs frictions au quotidien, ils attisent la méfiance et l’incompréhension chez les férues de la tradition africaine ainsi que de la religion tout court. L’affaire M’MAh SYLLA qui a défrayée la chronique en Guinée Conakry en 2021 en dit long sur l’autre visage des gynécologues.

M'Mah Sylla, était une secrétaire de 25 ans, décédée en 2021 en Tunisie, où elle avait été évacuée pour des soins après avoir été violée puis avortée par ses bourreaux, soient disant gynécologues dans un hôpital de Conakry. La mort de M’Mah Sylla a suscité un vif émoi dans tout le pays, donnant lieu à un procès  qui se soldé en 2023 par la condamnation des principaux accusés de 15 à 20 ans de prison.

Le gynécologue ou la gynécologue pour dire simple, est le médecin spécialiste qui s’occupe des pathologies des organes génitaux de la femme. Pour notre sujet, on considère qu’il est de sexe masculin. La science moderne lui a donné le quitus de les diagnostiquer et de les traiter. Comme on le dit ailleurs, c’est ‘’le réparateur des femmes’’. Mais depuis toujours, la société africaine porte un regard suspect et méfiant vis-à-vis de ce genre de médecin. Un traitant qui est obligé de dénuder une femme mariée ou non pour une consultation ou traitement médical. Et dans la plupart des cas, ces mêmes parties intimes de la femme sont tripotées au nom de la médecine. Sacrilèges ! pourrait-on s’exclamer quand on sait qu’en Afrique, avec ses sociétés encore imbibés  de traditions et de religions, le sexe de la femme n’a pour propriétaire exclusif que son mari. Nul n’a le droit de le voir ni de le toucher encore moins de le regarder avec envie, parce que celui-ci est l’élément de base indispensable d’un mariage et d’une société. C’est à travers elles que se construit un foyer, une famille, un pays. Pour certaines croyances religieuses et coutumes africaines, il est interdit à un homme de voir la nudité de sa grande sœur, de sa mère, de sa grand-mère  ou d’une autre femme plus âgée que lui. Et quiconque outrepasse cette règle,  encourt une malédiction divine qui persécutera à vie l’auteur ainsi que sa famille. Or c’est ce que font les gynécologues au quotidien dans l’exercice de leur profession.

Au-delà, la rencontre entre l’œil d’un homme en bonne santé et le sexe féminin malade ou pas, enclenche toujours quelque chose de naturelle, une chose qui ressemble à un sentiment d’attirance, une envie malsaine, des fois réciproque, des fois désintéressée entre le praticien et le malade. Et si le premier rendez-vous de consultation a été maîtrisé pour un praticien intéressé, le second risque l’être moins dans certains cas. Ainsi bonjour le dégâts, bonjour les infamies, bonjour l’interdit.

De l’autre côté,  certains érudits de la science médicale ne l’entendent pas de cette oreille, pour eux, ces allégations sont de simples élucubrations, des mots vains sans importance, qui ont d’effets que sur ceux qui y croient bêtement, la gynécologie étant l’une des spécialités la plus importante de la médecine moderne aujourd’hui, et l’homme qui la pratique étant soumis aux différents codes de déontologies en vigueur. La médecine, inclus les spécialités liées aux organes génitaux ne saurait être un fourre-tout où l’on peut faire n’importe quoi. C’est un milieu dynamique très encadrés par des instruments juridiques et déontologique, le tout au service du bien être de l’homme. Ainsi donc le gynécologue ne saurait être confondus à quiconque, sauf à celui qui est au service du bien-être commun.

Jean Marie Meyo

Laisser un commentaire