Sénégal / Avec une prévalence du VIH de 0,3 %, le pays vise l’élimination de la transmission mère-enfant d’ici 2030
Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique du Sénégal a organisé, du 10 au 12 mars 2026 à Dakar, une revue nationale des performances des données du VIH et de la triple élimination de la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B.
Cette rencontre a réuni plusieurs acteurs clés du système de santé, notamment des représentants des directions du ministère, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre les infections transmissibles.
Une épidémie à faible prévalence mais toujours présente
Au Sénégal, la lutte contre le VIH a enregistré des progrès significatifs ces dernières années. La prévalence nationale du VIH est estimée à environ 0,3 % de la population, ce qui en fait l’un des taux les plus faibles d’Afrique de l’Ouest.
Selon les données du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS), environ 47 000 personnes vivent actuellement avec le VIH au Sénégal, dont près de 2 500 enfants.
Chaque année, le pays enregistre environ 1 000 nouvelles infections, dont une partie est liée à la transmission mère-enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement.
Malgré ces avancées, des disparités régionales persistent. Certaines zones du sud et du sud-est du pays, comme Kolda ou Ziguinchor, affichent des niveaux de prévalence plus élevés, pouvant atteindre 1,5 %, soit plusieurs fois la moyenne nationale.
Des défis dans le dépistage et la prise en charge
La prévention de la transmission mère-enfant reste l’un des principaux défis du programme national de lutte contre le VIH. Si le dépistage chez les adultes atteint environ 95 %, celui des enfants demeure plus faible, autour de 46 %, bien en deçà des objectifs fixés par les autorités sanitaires.
Par ailleurs, environ 70 % des personnes vivant avec le VIH ont accès aux traitements antirétroviraux, un progrès important qui contribue à réduire la transmission du virus et à améliorer la qualité de vie des patients.
Cap sur la triple élimination d’ici 2030
La revue nationale organisée à Dakar vise à analyser la qualité et les performances des données sanitaires, identifier les gaps dans les programmes et renforcer la coordination des interventions.
Elle s’inscrit dans la dynamique des engagements du Sénégal visant à éliminer le VIH comme problème de santé publique à l’horizon 2030, tout en atteignant la triple élimination de la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B.
Pour y parvenir, les autorités sanitaires misent sur plusieurs leviers :
le renforcement du dépistage prénatal,
l’accès universel au traitement antirétroviral,
la vaccination contre l’hépatite B,
et l’amélioration de la qualité des données sanitaires.
Pour les experts, la mobilisation conjointe des institutions publiques, des partenaires internationaux et des organisations communautaires demeure essentielle pour protéger les mères et les enfants et atteindre les objectifs de santé publique fixés pour la prochaine décennie.
Jean Marie Meyo


Laisser un commentaire