Tuée par une transfusion sanguine hémolysée
C’est une affaire qui a défrayée la chronique au Cameroun en 2005. C’est l’histoire de la jeune Ngono , drépanocytaire âgée de 15 ans, internée à l’Hôpital Central de Yaoundé pour un paludisme le 17 Février 2005. Le médecin traitant de la jeune fille, le docteur Samou Said, exige une transfusion sanguine avant que l’enfant ne soit autorisé à quitter l’hôpital le lendemain, c’est à dire le 18 Février. ‘’J’ai refuse la transfusion’’, déclare le père de la jeune fille.’’ Le 17 Février au matin, le docteur Samou Said m’a harcelé en me traitant de parent têtu. Il m’a fait pression en me disant que si jamais la transfusion n’était pas faite, l’enfant ne sortira pas de l’hôpital’’.
Débordé, le père cédera. Par manque de donneur, finalement il se rendra à la banque de sang de l’Hôpital où une infirmière dénommée Rachel, dit-il, lui vendra une poche de sang à 12000 FCFA.
Selon les témoignages de ce dernier présent à l’hôpital Central ce jour auprès de sa fille toute rayonnante, et prête à sortir. ‘’Quelques minutes seulement après que la transfusion ait été appliquée, ma fille s’est mise à hurler, elle criait tellement fort que je me suis enfui de la salle. Je ne pouvais pas voir ça’’. La mère, elle qui est resté dans la salle continua avec les larmes aux yeux à raconter ‘’ Elle me disait qu’elle avait froid, mal à la tête, aux dents…L’infirmière qui avait posé la perfusion était déjà partie ainsi que le médecin de service. L’infirmière de service regardait la télé et c’est quand je l’ai prise parle col qu’elle s’est décidée à aller voir ce qui se passait avec ma fille qui continuait de crier. Finalement, rappelé d’urgence, le médecin traitant fera une prescription médicale par téléphone qui s’avérera inutile.
Alerté par l’infirmière, le Chef de service de Néphrologue et hématologie’’ à cette époque à l’Hôpital Central de Yaoundé le Pr Money Lobé arrivera quelques minutes plus tard et, scandalisé par la situation, déclarera que le sang transfusé à la jeune fille était hémolysé, c’est à dire impropre à une quelconque transfusion. Et tout de suite il arrêtera la transfusion mais il sera trop tard pour la jeune Ngono. Elle décédera quelques minutes plus tard.
Malgré l’appel du Directeur de l’hôpital Central de Yaoundé de l’époque le Pr Biwolé Sida, pour un arrangement à l’amiable, la famille portera plainte à la Direction de la Police Judiciaire. Il s’avérera d’après les détails de l’enquête que le sang administré à la jeune patiente n’a pas été testé, et que celui-ci était bel et bien hémolysé suivant les examens du reste de sang effectués au Centre Pasteur de Yaoundé. Une fois rendu à l’hôpital Central de Yaoundé pour entendre la vendeuse de la poche de sang, une certaine Rachel, l’équipe des enquêteurs était surprise que le Directeur les informe qu’elle ne faisait plus partie des effectifs de cet hôpital. Juste 01 mois après l’incident. A-t-elle été protégée par la Direction de l’Hôpital ? Toujours est-il qu’elle a été en partie responsable de la mort de cette jeune fille, pour une modique somme de 12000 FCFA.
Jean Marie Meyo


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